L’économiste israélien Shir Hever aux Journées Alternatives: Une occupation de neuf milliards de dollars

août 25th, 2007

Ces jours-ci a lieu à Montréal le premier Forum social québécois. C’est dans le cadre cet événement que se déroule cette année la 13ième édition des Journées Alternatives. Plusieurs conférenciers provenant d’un peu partout dans le monde y sont présents, dont cet économiste Israéliens employé du Alternative Information Center à Jérusalem-est.

Article paru dans Alternatives
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rebellyon.info

Amélie TENDLAND – 23 août 2007

Les 24 et 25 août, à Montréal, dans le cadre du premier Forum social québécois, les journées d’étude Alternatives recevront une vingtaine d’invités internationaux en provenance de 16 pays. Alternatives a interrogé l’un d’eux, l’économiste israélien Shir Hever, dont les travaux tentent d’évaluer le coût de l’occupation des territoires palestiniens par Israël.

Neuf milliards de dollars américains. Voilà ce que coûterait annuellement l’occupation israélienne en Palestine, selon l’économiste Shir Hiver. En fait, l’entreprise apparaît si ruineuse, qu’il estime qu’elle finira par contribuer à faire bouger les Israéliens. « Le prix de l’occupation est très élevé, au point de provoquer l’effondrement de plusieurs institutions et de plusieurs structures sociales en Israël, affirme-t-il. Mais je ne crois pas que l’occupation cessera pour des raisons purement économiques. Seule la résistance des Palestiniens permettra de mettre fin au conflit. Mais les raisons économiques feront probablement survenir la fin de l’occupation plus rapidement et plus facilement. »

Du haut de ses 29 ans, Shir Hever explique qu’il en est venu très tôt à l’activisme. « Déjà au secondaire, j’étais un activiste, puis j’ai continué à militer à mon arrivée à l’université. J’ai toutefois rapidement été déçu des cours d’économie. L’économie à elle seule n’explique rien. Je n’étais pas du tout convaincu », raconte-t-il. Confronté à ce qu’il considère comme une importante fermeture d’esprit, l’économiste s’est alors mis à la recherche d’idées et d’informations alternatives. C’est ainsi qu’il a atterri au Alternative Information Center (AIC), à Jérusalem-Est, qui se donne pour objectif de rapprocher Israéliens et Palestiniens.

« L’AIC est en mesure d’aider ces groupes qui contestent les politiques gouvernementales de plusieurs manières : en leur offrant des outils, de l’information, des formations politiques. De plus, le fait de travailler [à l’AIC] me permet d’avoir accès plus aisément à des bases de données, des statistiques, des personnes ressources, notamment en Cisjordanie », explique l’économiste. Il faut dire que les travaux de M. Hever ne se limitent pas à évaluer le coût de l’occupation pour l’économie israélienne. Ils tentent aussi d’évaluer l’impact de l’occupation sur les territoires occupés et sur Jérusalem-Est, où plusieurs commerces ont fermé leurs portes.

Ainsi, le dernier texte du chercheur constitue le premier rapport à présenter une analyse économique des conséquences de la construction du Mur de séparation à Jérusalem-Est. Shir Hever y explique notamment que le Mur de séparation a coûte chaque année environ 194 millions de dollars aux Palestiniens de Jérusalem-Est, soit 1,2 milliard de dollars depuis le début de sa construction, en 2002. Jérusalem-Est constitue le seul endroit où le Mur passe au travers d’une zone urbaine densément peuplée. Selon l’économiste, plus de 200 000 personnes seraient quotidiennement affectées. Le revenu des ménages palestiniens de Jérusalem-Est aurait ainsi chuté de 17,5 % depuis le début des travaux.

« L’occupation coûte cher »

mur_afp2.jpg www.protection-palestine.org

Quant à la l’éventualité de la fin de l’occupation et d’un règlement définitif du conflit, l’économiste refuse d’être pessimiste. « Même si, d’après moi, Israël n’admettra jamais que l’occupation constitue une erreur, la solution n’est certainement pas de ne rien faire », insiste-t-il. Il se félicite de voir de plus en plus d’Israéliens refuser d’aller dans l’armée, évitant ainsi de contribuer au conflit. Selon lui, les choses finiront par changer, probablement sous la pression internationale. Toutefois, il doute que la sensibilisation à la cause palestinienne puisse à elle seule faire réellement changer les mentalités chez les Israéliens. « Quand l’occupation sera finie, les mentalités pourront changer en Israël, mais avant, j’en doute. »

À Montréal, durant les journées Alternatives, Shir Hever ne cache pas qu’il préconisera le boycott d’Israël. Misant sur le pouvoir d’agir des gens qui seront présents, l’économiste assure que « les gens en Israël ont réellement peur du boycott, car il peut vraiment les affecter, eux tout comme l’occupation ». Mais cela ne l’empêche pas de croire aussi énormément aux différents projets de rapprochement que l’AIC mène auprès de groupes de base palestiniens et israéliens. Le centre amène en effet plusieurs groupes d’activistes issus des deux peuples à se rencontrer. « Nous ne voulons pas seulement qu’ils se rencontrent, nous cherchons aussi à les réunir, pour qu’ils aient le même programme, le même but, le même agenda », explique-t-il.

On le devine, la tenue des réunions relève parfois de l’exploit. D’un côté, les Palestiniens ne sont pas autorisés à se rendre à Israël. De l’autre, les Israéliens ne peuvent pas eux non plus se rendre en territoire palestinien sans ruser. À Jérusalem, par exemple, M. Hever raconte que les Israéliens prétendent qu’ils se rendent dans les colonies, pour ensuite prendre le chemin de Bethléem. L’escapade demeure illégale, passible de prison, mais l’économiste affirme qu’elle ne s’avère pas trop dangereuse. Contre toute attente, pour ne pas que le monde croit qu’elle empêche les Israéliens de rentrer en contact avec les Palestiniens, l’armée israélienne ferme parfois les yeux.

Dans le cadre des Journées Alternatives, Shir Hever participera à un atelier intitulé Bases militaires : une arme meurtrière au service des plus forts, le vendredi 24 août 2007, à 11h00, au local R-M130 de l’Université du Québec à Montréal. Le lendemain, le 25 août, on le retrouvera dans l’atelier Le Moyen-Orient au bord du gouffre, à 9h00, au local R-M130 de lUniversité du Québec à Montréal (UQAM).

L’auteure est journaliste indépendante

* à propos du Alternative Information Center:

Amélie TENDLAND – 23 août 2007
Article paru dans Alternatives

L’Alternative Information Center (AIC) est une organisation pacifique et progressiste israélo-palestinienne située à Jérusalem-Est. Le premier mandat d’AIC est la diffusion d’informations sur les sociétés israéliennes et palestiniennes, de même que sur le conflit qui les oppose.

Fondé lors des derniers jours de la guerre du Liban en 1983 par le journaliste israélien Michaël Warschawski, le Centre est né de la nécessité d’offrir une information alternative aux deux peuples. Aujourd’hui, l’AIC gère trois publications majeures, en hébreu, en arabe et en anglais, de même qu’un site Web des plus actifs. Il est également devenu un incontournable pour l’obtention d’informations et de contacts auprès des médias israéliens et étrangers.

Pionnier dans la coopération égalitaire entre Israéliens et Palestiniens, le Centre s’est donné comme mandat d’encourager l’échange, de désenclaver les deux camps. Désormais, plus que diffuseurs d’informations, l’AIC est également à la tête de plusieurs projets, notamment le Summer Camp. Ce dernier est le seul camp d’été de la région à réunir des jeunes palestiniens de Cisjordanie et d’Israël à la fois, filles et garçons âgés entre 14 et 20 ans. . Enfin, l’AIC vient également en aide aux groupes de base d’activistes tant en Israël qu’en Palestine, leur fournissant divers outils visant à consolider leurs revendications sociales et politiques.

L’adresse du site Web de l’AIC : www.alternativenews.org

MARIAM a 3 mois

août 12th, 2007

Pour ceux qui auraient lu les articles précédents, vous connaissez déjà un tant soit peu la princesse Mariam et son histoire des plus rocambolesques. Aux autres, je vous renvoie à la Lettre à Mariam , publiée le 12 mai dernier, date de naissance de cette petite étoile.

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Bahram Aloui: sur la route des étoiles

août 1st, 2007

Vous le savez ou vous l’apprenez à l’instant, j’ai séjourné en Tunisie à titre de journaliste stagiaire en 2005.

Aux cours de ces huit mois, j’y ai fait des rencontres hors du commun, précieuses, inégalables.

Et parmi celles-ci, il y eut celle qui surpassa toutes les autres. Un jeune homme mit sur ma route, un comédien : Bahram Aloui.

Être comédien, de théâtre de surcroît, dans une capitale du tiers-monde où la liberté de parole n’existe tout simplement pas, exige un courage de fer et un espoir quasi naïf.
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Enfin, je viens tout juste de trouver le premier article à son propos sur le Web.

Je me devais le publier ici.
www.tunisia-today.com

TUNISIA-TODAY
Il a eu jusque-là de petites apparitions dans des films tunisiens. Cela a été suffisant pour attirer l’attention de certains metteurs en scènes de théâtre et de cinéma qui commencent à le solliciter pour des rôles plus importants. Bahram Aloui est l’un des comédiens les plus prometteurs de sa génération. Il joue actuellement dans la pièce La Queue de Artis Production, aux côtés de Sabah Bouzouita, qui lui a appris l’abc du jeu théâtral dans son club à la Maison de culture Ibn Khaldoun, Sonia Zargâyouna, Jamel Madani, Noômen Hamda, sous la direction de Slim Sanhaji. Il y incarne le rôle de Abdeljabbar, un mari B.C.B.G. mais qui est dominé par sa femme. Né le 7 juin à Makthar, d’un père professeur d’arabe, Bahram a eu son bac au lycée de cette ville du Nord-Ouest. Au lycée, il fit partie de tous les clubs culturels : théâtre, musique, cinéma… Il débarque à Tunis en 1999 et poursuit des études au Conservatoire national de musique de Tunis tout en préparant un diplôme de russe à l’Institut supérieur de langues vivantes, Bourguiba School. A la faculté aussi, il fonde et anime des clubs de musique et de théâtre. Doté d’une belle voix, il excelle dans l’interprétation de chants populaires de sa région natale comme le «Aârdhaoui» (chant bédouin) avant de découvrir le répertoire de la chanson engagée arabe notamment celui de Cheikh Imam. C’est ainsi qu’il a intégré le groupe Ajrass de Adel Bouâllègue, spécialisé dans ce genre de chants. C’est au sein du club de théâtre de la Maison de culture Ibn Khaldoun qu’il se familiarise avec les techniques de l’interprétation théâtrale sous la direction de la comédienne Sabah Bouzouita, qui lui offre son premier vrai rôle dans la pièce déjà citée. Jeune comédien, il interprète quelques petits rôles, notamment dans le spectacle d’ouverture de la CAN 2004, en janvier dernier, avec ses aînés Hamadi Arafa, Raouf Ben Amor et Sonia Ben Ahmed, le film Jûnûn de Fadhel Jaïbi et dans le court-métrage de Elyès Zrelli, «Sésame, ouvre-toi». Bahram (qui désigne la planète Mars en perse) croit à sa bonne étoile. Son talent multiforme lui vaut aujourd’hui l’attention des metteurs en scène et des réalisateurs. Il est au seuil d’une carrière qui pourrait être riche de succès, mais il est convaincu que seul le travail paie. Aussi, tout en louant ses services à des groupes professionnels, il faut bien vivre, il continue de parfaire sa double formation de chanteur et comédien. Zohra ABID

Bahram, j’admire combien tu crois et tu fonces vers tes rêves.

P’tites photos

juillet 18th, 2007

Bien le bonjour,

Pas vraiment le temps d’écrire ces temps-ci, occupée que je suis à m’adapter à ma nouvelle vie à Mourial.

Enfin, je vous offre tout de même ces deux photos:

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Bon, on dirait simplement une porte, mais c’est beaucoup plus. En vérité, c’est le soleil qui s’invite en fin de journée dans ma maison.

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Je sais que c’est un peu têteux de mettre une photo de mes chats sur le blogue, mais ils sont vraiments trop mignons. Et puis, je suis plus que ravie que nous soyons enfin réunis.

Aller ! Un peu plus de contenu et de sérieux la prochaine fois. Je vous prépare un petit récit sur Montréal.

Bye

Calgary: La face cachée du miracle albertain

juillet 2nd, 2007

Bonjour,

Ici un de mes articles, sur la crise du logement à Calgary, paru dans Alternatives

Amélie TENDLAND – 28 juin 2007

La fulgurante croissance économique de Calgary fait l’envie des autres grandes villes canadiennes. Mais elle amène aussi son lot de problèmes. L’un des plus criants demeure sans aucun doute la crise du logement, avec laquelle la ville tente plus ou moins habilement de composer.

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CALGARY - Victime de son succès économique, Calgary ne sait plus où loger sa population, qui a augmenté de 13,4 % entre 2001 et 2006. De nombreux Canadiens et bon nombre d’immigrants convergent vers ce nouvel Eldorado de l’Ouest canadien, dans l’espoir de dénicher un emploi ou de faire rapidement fortune. Selon les statistiques de la Ville, plus de 35 000 personnes débarquent annuellement à Calgary. Environ une centaine par jour !

Généralement, à Calgary, les nouveaux arrivants ne tardent pas à trouver un emploi. Les compagnies qui recherchent de la main-d’œuvre ne constituent pas l’exception. Plutôt la règle. En fait, la plupart sont continuellement à la recherche d’employés. Le taux de chômage se situait à 3,4 %, en mai 2007.

Mais si les emplois pleuvent littéralement sur la ville, il en va toutefois tout autrement pour les logements. Avec le taux d’inoccupation le plus bas au Canada, soit moins de 0,5 %, les appartements sont rares à Calgary. Et le petit nombre de logements qui sont toujours disponibles sur le marché se révèlent pour la plupart largement au-dessus des moyens du citoyen moyen.

Plus de mille dollars pour un 4 1/2

Selon les derniers chiffres publiés ce printemps par la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le prix moyen d’un appartement de deux chambres à Calgary a atteint 1037 $ en avril 2007. Une augmentation de 27,4 % par rapport à avril 2006. La métropole de l’Alberta figure désormais dans le top 3 des grandes villes canadiennes aux logements les plus dispendieux, tout juste derrière Vancouver et Toronto.

Le problème, c’est que le fait de se dénicher un emploi à « Cowtown » ne signifie pas nécessairement qu’on y fera fortune. Si une portion des nouveaux travailleurs se font embaucher au sein des compagnies pétrolières ou trouvent un emploi qualifié et généreusement rémunéré, une majorité d’entre eux oeuvrent dans le secteur des services. Pour les commis de magasins, les chauffeurs de taxi, les caissières, trouver un loyer à un prix qu’ils auront les moyens d’honorer relève de plus en plus de l’exploit.

Selon les chiffres de la Ville de Calgary, 58 000 ménages, propriétaires ou locataires éprouvent des difficultés à payer leur loyer ou leur hypothèque. Plus de 2 000 ménages sont inscrits sur la liste d’attente de la Calgary Housing Company, l’équivalent d’un bureau municipal d’habitation qui gère différents programmes de logement. Quant au nombre de sans-abris, il apparaît difficile à chiffrer. De source officielle, il était évalué l’an dernier à 3 500, une augmentation de 32 % par rapport à 2004.

Histoires d’horreur

Aux difficultés d’obtenir un logement abordable à Calgary, s’ajoute le risque de voir le prix de son logement augmenter de façon démesurée. En Alberta, il n’existe aucun contrôle des prix des loyers. Jusqu’en mai dernier, les propriétaires pouvaient même augmenter les loyers deux fois l’an.

Depuis quelque temps, pas une semaine ne passe sans que les médias ne rapportent une de ces trop nombreuses histoires de loyer qui double ou même qui triple de prix. Les exemples sont nombreux et variés : un homme de 70 ans qui vit dans un petit appartement depuis 15 ans voit son loyer passer de 580 $ à 1 200 $ ; une mère monoparentale et ses trois enfants se retrouvent sans endroit où habiter, incapables de payer les 1000 $ d’augmentation du loyer ; une famille entière décide de retourner vivre dans sa Saskatchewan natale, ne pouvant s’offrir le luxe d’un logement en Alberta.

Ces histoires d’augmentation abusive des loyers cachent en vérité une réalité bien commune dans la métropole albertaine : la conversion d’appartements en condos. Jusqu’à tout récemment, les propriétaires désirant convertir leurs immeubles locatifs en condos devaient donner un avis de six mois aux locataires. Mais pour attendre moins longtemps, les propriétaires recouraient à une ruse fort efficace. Ils annonçaient une augmentation phénoménale du prix d’un logement, sachant que les locataires qui refusent une augmentation ne disposent que de trois mois pour vider les lieux. Trois mois plus tard, le logement pouvait donc être transformé en condo.

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Le prix moyen d’un condo au centre-ville de Calgary était de 332 237 $ en mai dernier, au augmentation de plus de 21 % en un an.

Face à cette crise de logement sans précédent, qui frappe pratiquement toute la province, le gouvernement conservateur d’Ed Stelmach n’a pas eu le choix. Pressé par l’opposition et par un nombre croissant de citoyens mécontents, il a fini par s’attaquer au problème, en mai dernier. Mais il l’a fait si timidement, qu’on peut se demander si son intervention aura un effet réel.

Non au contrôle des prix

Plutôt que de suivre les recommandations d’un rapport qu’il avait lui-même commandé, M. Stelmach a refusé d’imposer, même temporairement, un contrôle des prix des loyers. Le rapport recommandait en effet d’imposer un contrôle qui aurait limité l’augmentation annuelle au taux d’inflation plus 2 %, comme c’est le cas en Colombie-Britannique. En fait, le premier ministre a choisi de limiter la portée du nouveau règlement, même si la question a déchiré les membres de son parti. Désormais, il n’y aura plus qu’une seule augmentation de loyer par année plutôt que deux. De même, le nouveau règlement fait passer de six à un an l’avis d’éviction dans les cas de conversion d’appartement en condos.

Selon le Parti conservateur, le contrôle des prix des loyers aurait découragé l’investissement, au moment même où la province essaie d’obtenir l’aide du privé pour la construction de logements abordables. L’Association des propriétaires d’Edmonton a pourtant indiqué qu’elle estimait qu’il n’appartenait pas au privé d’offrir de tels logements. L’entreprise Boardwalk, le plus important propriétaire d’appartements dans la province, a pour sa part clairement signalé que de toute façon, elle ne construirait pas de nouveaux logements tant que le prix moyen des loyers n’aurait pas atteint 1 600 $.

Palpable mécontentement

La décision du gouvernement conservateur a fait plus d’un mécontent dans la métropole albertaine. Les habitants se demandent de plus en plus si le conseil des ministres s’intéresse encore au sort de leur ville et de son économie hors de contrôle. Car la crise du logement n’est qu’une partie du problème engendré par la fulgurante croissance de « Cowtown ». Il faut aussi y ajouter le manque toujours criant de main d’œuvre, le manque d’écoles et d’hôpitaux, les infrastructures routières dans un piètre état, etc.

Signe des temps ou simple manifestation de grogne passagère, les citoyens de Calgary ont élu pour la première fois un libéral dans la circonscription de Calgary-Elbow, lors d’élections complémentaires le 12 juin dernier. Au cœur même de la ville, la circonscription fut le château fort des conservateurs depuis la création du parti en 1971. Le nouveau député, Craig Cheffins, a fait de la crise du logement son cheval de bataille pendant la campagne électorale.

Libéraux ou conservateurs, cela importe peu pour les dizaines de milliers d’habitants qui peinent à se trouver un toit décent dans une riche métropole où pleuvent pourtant les pétrodollars. Pour eux, le miracle albertain aura surtout signifié une augmentation sensible du nombre d’heures passées au boulot.

L’auteure est journaliste indépendante.

Good bye Calgary

juin 26th, 2007

One week left, my Dear City,

Sometimes I’m happy to leave you, sometimes I know how much I’m gonna
miss you.
I just want everybody here to know:

I’m not going back because I don’t like this city. Every city, including Cowtown, has its good qualities and its faults.

I’m just going back home.

Calgary is a crazy, young and out-of control city. A great thing about that is that here, you can meet many different Canadians, Québécois included.

Finally, almost all of my friends in Calgary are from Calgary. The others are from Ontario and Nova Scotia.

It’s kind of funny, because It took me about three months before I met
somebody born in the city.

Anyway, I have a confession:

Québécois and Albertans have some common points, but I won’t make a list of them right now.
Anyway, the Albertans I know already know what they are.

Now I’m gonna continue this letter in French and of course you’re welcome to try to read it. If you can’t, there are a couple of good places to take French courses in Calgary. ☺

I know Angie and Paul can understand not too badly, I think Janice and Sherry also can, and maybe Nathalie and Kelsey soon.

Before saying good bye, I invite you to listen to this song by Leslie Feist, in French:

Tout doucement

www.listentofeist.com

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I’m gonna miss you, my Dear Anglos.

Au revoir Calgary

juin 25th, 2007

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Conseils à ceux qui pensent déménager à Calgary

Voilà. Après plus d’un an, c’en est maintenant fini de cette histoire d’amour-haine avec Calgary.

À ceux qui pensent quitter le Québec pour venir ici, pour y travailler et vous y installer, laissez-moi vous donner les informations que j’estime pertinentes à savoir avant de prendre une décision.

Plein air

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Si vous aimez le plein air, que vous êtes du genre à passer tous vos week-ends en nature, dans les incroyables Rocheuses à moins d’une heure en voiture - ski l’hiver, randonnée pédestre, vélo ou camping l’été - c’est un bon début.

Calgary est d’abord une ville de travailleurs qui se vide de nombre de ses citoyens lors des week-ends. Lors d’une fin de semaine de trois jours, le centre-ville est quasi vide. Les gens sont à la montagne, dans leur résidence secondaire ou dans leur chalet. Et ils sont bien raison. Les Rocheuses sont magnifiques, le Parc fédéral de Banff tout près, le plus ancien du Canada, est époustouflant. Le nombre d’activités qu’on peut y pratiquer l’est tout autant. À Canmore, à 45 minutes de Calgary, vous pouvez faire du vélo dans plein de sentiers au cœur des montagnes.

Bon job

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Si vous êtes en mesure de décrocher un emploi payant, quelque part au sein des compagnies pétrolières, sur les chantiers de construction, si vous êtes un travailleur qualifié bien garni de diplômes, vous augmentez vos chances de vous y plaire. C’est une valeur sûre, souvent essentielle pour profiter de la manne.

Politique et économie

Si vous vous intéressez à la politique, vous serez plus heureux si vous vous situez plutôt à droite, bien sûr. Si vous êtes bien ancré à gauche, écolo et assoiffé de justice sociale, vous risquez de passer un dur moment… Ou bien de commencer assez tôt à militer. ☺

Ici, tout suit, tout passe, tout revient très souvent à un seul mot : Money. Combien en faut-il pour vivre, pour suivre l’inflation. Combien trop de gens en manque, combien trop peu de personnes en ont beaucoup trop.

L’économie de Calgary est fulgurante, mais totalement hors de contrôle. Et la grande question que bien du monde ici se pose dorénavant est « comment cela va-t-il finir? » Car nul n’a pensé, pas même Ralph Klein, l’ancien roi, pardon l’ancien Premier ministre, à un plan pour la suite, quand les pétrodollars cesseront de pleuvoir sur la ville.

En tous les cas, si quelqu’un y a pensé, il s’est bien gardé de le dire jusqu’à présent !

Enfin, derrière les gratte-ciels de condos ou de bureaux du Downtown, il demeure qu’il y a des gens, des habitants. À Calgary, c’est plus de 100 nouveaux chaque jour.

Un trip au Canada

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Si vous prévoyez vous taper un trip au Canada, de travailler fort pour habiter avec pleins de colocs et faire la fête avec des gens de tous les horizons, Calgary et son statut d’Eldorado, est l’endroit tout indiqué. D’ailleurs, bon nombre de Québécois le font actuellement. Comme ils le faisaient jadis à Vancouver.

Si vous ne restez pas trop collé à la communauté québécoise, vous allez rencontrer un tas de gens de partout à travers le pays qui viennent juste de débarquer eux aussi ou bien qu’ils y sont depuis des années. À mes débuts ici, personne ne venait jamais d’Alberta, encore moins de Calgary. Les Calgariens étaient rares. Un peu comme à Montréal, tout le monde vient de partout au Québec, excepté de la Métropole elle-même.

Avec le temps par contre, vous réaliserez que le passé de ville moyenne du Canada n’est pas si loin. En vérité, dans un milieu précis donné, tous les gens se connaissent. On n’est pas si loin du temps du grand village.

Le temps des cow-boys est toutefois quant à lui quasiment révolu, dans la ville de Calgary, j’entends. S’il n’est pas révolu, il est du moins invisible. Même le Cowboys, bar et institution du centre-ville, sera sous peu démoli, remplacé par une nouvelle tour à bureau.

Enfin, Calgary me manquera pour ces gens précieux avec qui j’ai noué amitié. Pur hasard ? Finalement, la majorité de mes amis Anglos sont Albertains, souvent Calgariens. Ils sont jeunes, ils ont vu leur ville complètement changer ces dernières années et pensent souvent la même chose que moi : Actuellement l’économie va trop vite, mais beaucoup d’autres choses, elles, vont nettement trop lentement.

Crise d’adolescence

Calgary est une jeune ville, en pleine crise d’adolescence aiguë. Un plan de recyclage efficace, un réseau de moyens de transport amélioré et adéquat, un plan pour désengorger le centre-ville de son trafic, un plan pour arrêter ou du moins limiter l’étalement urbain de ses gigantesques banlieues, des logements abordables, un plan pour gérer le manque criant de main-d’œuvre, tout cela se développera davantage un jour, espérons-le. Sûrement, mais lentement ?

Je suis prête à laisser la chance au coureur. Mais je suivrai cela depuis la côte Est. Pour l’instant, je sais que ma qualité de vie sera nettement meilleure au Québec. Mon but n’étant pas de m’enrichir, de profiter de la manne, comme on dit ici, je ne vois pas pourquoi je devrais consacrer plus de 200 000 $ pour devenir propriétaire d’un 1 ½ pas trop éloigné du centre, dans une ville où vivre sans voiture est bien difficile.

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Envoye à maison

Pour être bien honnête, en premier lieu, je ne m’en vais pas pour quitter un endroit spécifique, mais plutôt pour en retrouver un autre : « chez nous ». Il y a maintenant pratiquement 10 mois que je n’ai pas mis les pieds au Québec et il me manque. J’ai habité en France, j’ai beaucoup aimé cette période, mais je suis rentrée au bercail. J’ai habité en Tunisie, j’ai beaucoup aimé cette époque, mais je suis rentrée chez moi. Pareille pour l’Ouest canadien.

Maintenant, je prévois de me poser. Rester près de ma famille, de mes amis. Les départs, après avoir rencontré tant de gens, me pèsent de plus en plus. Commencer une étape de ta vie dont tu prévois la fin quelques mois plus tard, j’ai assez donné.

La grande question est définitivement de savoir si je m’arrêterai vraiment.

Yvon Deschamps

mai 30th, 2007

Salut les amis,

En cette période intense d’instabilité politique au Québec, j’aimerais vous faire entendre ce monologue d’Yvon Deschamps.

Fier d’être Québécois.mp3

Moins ça change plus c’est pareil. C’est ça le proverbe ?

Ceci fut enregistré en 1977, un an après la première arrivée du PQ au pouvoir.

C’est toujours ausssi crevant d’actualité.

Merci M. Deschamps. Si l’humour fait autant partie intégrante du Québec, c’est certes en partie grâce à vous.
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Yvon Deschamps

Calgary: Ralph Klein est parti; Ralph is gone.

mai 22nd, 2007

Fast Foward

Voici un lien, en anglais (désolée, je traduirai certains passages), vers un texte d’opinion publié jeudi dernier dans l’Hebdo Fast Foward à Calagry. Cet Hebdo est environ l’équivalent du Voir au Québec.

Here is a viewpoint from Gillian Steward, published in Fast Foward, Calgary, last Thursday.

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News

mai 18th, 2007

La Banque mondiale résiste-t-elle aux Faucons ?

Wolfowitz démissionne deux ans plus tard

The Tendland Ranch

mai 16th, 2007

Si vous êtes un Tendland qui détient des informations généalogiques, même les plus récentes, sur son nom de famille, SVP veuillez bien prendre le temps de me les communiquer.

J’essaie de retrouver nos ancêtres, bien que ce ne soit guère aisé.

If you are a Tendland and you have any genealogical informations about your last name, even the earliest one, please write to me.

I’m trying to find our ancestors, even if it’s not easy.

En attendant, j’ai trouvé le Tendand Ranch au Montana.

By the way, I’ve found The Tendland Ranch, in Montana.

Tendland Ranch, Mt, USA

For my english Friends…

mai 12th, 2007

I am not canadian Click here !

Just let you know that he’s a english Canadian…

:)

Lettre à Mariam

mai 12th, 2007

Chère Mariam,

Tu n’es pas encore née. Mais voici tout de même une lettre. En tant que Première Matante, je souhaitais t’écrire la première.

C’est la première lettre, autant commencer par le début. Je veux aujourd’hui te raconter l’histoire de la rencontre de tes parents. Tout enfant fini par la demander un jour ou l’autre, de toute manière.

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En voici donc une version :

Envers et contre tout

Il y a maintenant deux ans quasi jour pour jour, Mélanie venait me rejoindre en Tunisie, le pays de ton père. J’y vivais depuis quelques mois, stagiaire dans un magazine à Tunis. Elle venait me visiter avec ma famille pour deux semaines. Elle, mon frère, ma mère et son copain.

Ce voyage fut magique. Cette quinzaine de jours fut extraordinaire. Évitant le plus souvent les sentiers battus, nous avons sillonné la Tunisie du Nord au Sud. Nous avons vu, senti, ressenti, plein de choses.

Un de mes plus chers souvenirs de ta maman provient de ce voyage, de notre nuit dans notre « mille étoiles », celles du Sahara. Autour du feu : notre guide, nos deux chameliers, ma famille, puis ta mère rayonnante, et nos fous rires. Nous étions tous simplement hors du temps. C’est l’effet que procure la nuit dans le désert.

Nous nous sommes aussi arrêtés à Makthar, que tu connais déjà. C’est jour-là que nous avons rencontré la famille d’Issam et de Bahram, ton oncle, mon amoureux à l’époque. Ta famille !

Puis, nous sommes rentrés à Tunis. C’est ce jour que tes parents devaient se rencontrer. À ce moment-là, Bahram et moi tramions chacun de notre côté pour que tes futurs parents flirtent un peu. Pour les « matcher » comme on dirait en bon Québécois. Tu sais ce genre de truc qui ne fonctionne qu’une fois sur mille. Eh ! Bien !, ce fut la bonne, car sans même que nous nous en apercevions, nous les avons perdus, non pas dans la brume, mais dans la foule entassée des ruelles du Souk de Tunis.

Ils sont ensuite restés liés ensemble la plus ou moins quinzaine d’heures avant le départ de Mélanie. Moins de 24 heures.

Mais ces instants ont suffi. Je ne sais pas si c’est à ce moment-là qu’ils ont décidé d’être ensemble envers et contre tout, peu importent les obstacles, mais toujours est-il qu’ils sont maintenant réunis et que tu arrives dans quelques jours.

À coup de courriels, de cartes d’appel, de voyage, de mariage, de patience et d’innombrables procédures administratives, ils ont fait plus que mentir le fameux proverbe « loin des yeux, loin du cœur ». Ils ont offert un puissant pied de nez aux aigris qui refusent de croire que tout est possible, à ceux qui osent prétendre que tout est joué d’avance, aux résignés.

Comment y sont-ils parvenus ? Comment y ont-ils cru ? Demande cela à Mélane. Elle te parlera certainement de visualisation et d’autres choses auxquelles matante a souvent bien du mal à croire… Mais prends tout le même le temps de l’écouter, c’est ta mère, après tout !

En attendant, je crois sincèrement que tu es bien tombée, question parents. Deux êtres inouïs avant tout profondément vrais et humains.

Alors, arrive vite maintenant !

Amel

Peu de mots

mai 12th, 2007

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Et une photo.

Un beau et bon truc pour être certain d’être lu… jusqu’à la fin !

Le Cap Bon

mai 8th, 2007

Nouvelle lettre écrite alors que j’était en Tunisie. C’est ça.

22 février 2005

Asslama à vous,

De vendredi à dimanche, j’ai sillonné le Cap Bon, ce petit bout de terre tunisien qui avance dans la Méditerranée jusqu’à une soixantaine de kilomètres de l’Italie. Nabeul, Kélibia, El-Haouaria, Kerkouane, j’ai découvert de petites villes vraiment jolies, dépourvues de touristes à ce temps-ci de l’année. Ce que je trouve génial (et rassurant), c’est de voir combien ces endroits sont encore si tunisiens, avec leurs marchés, leurs petits cafés remplis d’hommes, leurs souks et leurs Mosquées. Bref, la vie à l’Américaine, la vie à l’Occidentale ne sont qu’à peine parvenues jusqu’à ces grands villages.

kelibia2.jpgFort de Kélibia
(www.treklens.com)

Pour les Urbains de la ville de Tunis, ces villes sont des « trous », comme on dirait en bon québécois, des endroits oubliés par la sacro-sainte Modernité, terme à connotation si positive ici. Je les comprends : la Modernité rime souvent avec richesse ici. Mais quand même, ça me rassure de voir qu’il reste encore un peu de diversité sur cette planète. Évidemment, je ne viens pas de découvrir cette réalité, mais entre savoir et se promener tranquille en plein cœur de cette diversité, il y a tout un monde.

Bref, c’est tout de même bien de vivre dans un pays où il n’y a pas de Mac Donald.

Même si les jeunes portent des Nike et rêvent de la vie à l’Occidentale. Si vous saviez le nombre de personnes que je rencontre qui rêvent de quitter le pays. C’est bizarre de séjourner dans un pays et de rencontrer autant de gens qui souhaitent le quitter. Pas nécessairement qu’ils n’aiment pas la Tunisie, au contraire même, mais ils croient qu’en Europe et\ou au Québec, tout serait plus facile pour eux. Faire du fric, surtout. J’ai beau expliquer que le Québec, ce n’est pas le paradis, particulièrement pour de nombreux immigrés, c’est comme si je parlais chinois.

Enfin, pour revenir à mon petit voyage, mon ami Habib (un autre qui rêve de partir) est finalement venu me rejoindre dès vendredi soir. Nous nous sommes bien marrés, car dès que les gens des hôtels ou des sites savaient nos occupations, nous avions droit à un service impeccable. Agent de tourisme et journaliste, c’est un duo gagnant. On ne nous faisait même pas payer sur les sites : à Kélibia un magnifique fort byzantin qui surplombe la mer, à Kerkouane, les plus belles ruines puniques du monde et enfin à El-Haouaria (nom que je prononce désormais parfaitement, avec l’accent arabe), les magnifiques grottes que les Carthaginois puis les Romains ont jadis creusées pour en extraire le grès jaune. Avec la Méditerranée à perte de vue au Nord, à l’Est puis à l’Ouest, cet endroit est sublime.

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Les grottes de grès jaune d’El-Haouria

Après la Grèce, voilà que je tombe amoureuse de la Tunisie. C’est la faute de la Méditerranée. Je n’y peux rien, cette mer me fascine. Comme les Anciens, j’ai l’impression que c’est le centre du monde.

Amélie