Petite histoire d’une ruelle

ruelle1.jpg

Il y a longtemps que je n’avais rien pondu pour mon blogue. À ceux qui sont parfois passés par ici sans qu’il n’y eût de nouveau contenu, je m’excuse. J’avais d’autres chats à fouetter… Comme passer du temps avec vous, par exemple.

Pour fêter mon premier anniversaire dans la Métropole du Québec, je vous reviens aujourd’hui avec une petite histoire illustrée, celle de la ruelle du Docteur Julien.

Si vous habitez à Montréal, il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà entendu parler du Docteur et de son organisme l’Assistance aux Enfants en Difficulté (AED). Depuis plus de 10 ans maintenant que le pédiatre social a ses bureaux au cœur d’un des quartiers les plus défavorisés au pays : Hochelaga. Ses bureaux ? Une clinique, des chambres pour recevoir les familles en difficulté, des locaux pour accueillir bénévoles et enfants lors de l’aide au devoir après les classes, une cours pour que les enfants puissent jouer, etc.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’AED, je vous invite à commencer par la visite du site de l’AED.

Appuyé par des donateurs généreux, par les médias, par les citoyens qui donnent lors de sa guignolée, le Docteur et l’infirmière communautaire Claudette Everitt, (co-fondatrice), ont cru dès le départ à l’efficacité et à la nécessité d’agir localement. Tout porte à croire qu’ils ne se sont pas trompés.

ruelle.jpg

Et la ruelle ?

Un des récents projets du Docteur Julien est le réaménagement de la ruelle de l’AED. Dans le monde des ruelles de Montréal, de Hochelaga, toutes les ruelles ne sont pas égales. Si certaines sont remplies d’arbres, de cours et d’enfants, d’autres ne sauraient être définies autrement qu’en employant les termes de glauques, de scraps, de ternes. Celle du Docteur faisait plutôt partie de la seconde catégorie, comme vous pouvez le constater.

ruelle3.jpg

Jusqu’à ce que sa fondation (La Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale. FPPS) convainque la Ville de partager les frais pour réaménager la ruelle, celle-ci ressemblait donc à cela.

ruelle4.jpg

13.jpg

Après deux rencontres, l’une avec les propriétaires des immeubles à logements des trois ruelles impliquées dans le renouveau de la ruelle, l’autre avec les locataires, la ruelle a subtilement débuté à se transformer.

Pour tout ceux qui travaillent à l’AED, l’objectif du réaménagement de la ruelle était clair : rendre la ruelle aux enfants.

Parce qu’avant le début des travaux, des enfants, dans la ruelle, il n’y avait aucun, ou si peu.

ruelle5.jpg

Puis, un bon matin, des hommes et des camions sont débarqués, ont fait un boucan d’enfer pendant toute la journée et sont repartis. Ce fut la première étape: changer les égouts.

On ne le savait pas encore, mais les jours de l’unique graffiti de la ruelle étaient comptés. Ce dessin, nous ne saurons jamais ce qu’il représentait exactement: un soldat, un chasseur ?

ruelle71.jpg

Quelques jours plus tard, les Messieurs (et la Madame) sont revenus avec leurs camions. Cette fois-ci, c’était l’asphalte qu’on venait rajeunir.

Juste ça, de l’asphalte neuf dans une ruelle. Dès la fin de la journée, on a vu ce qu’on ne voyait pas (ce qu’on ne voyait plus ?) dans la cours: des enfants avec leurs vélos, leur planches à roulettes et leurs trottinettes, jouer jusque tard dans la soirée… La réappropriation de la ruelle débutait déjà.

ruelle8.jpg

Quelques jours plus tard, on réaménageait un stationnement situé à la jonction des deux ruelles: de la terre, du sable, une clôture: une aire de jeux.
ruelle9.jpg

ruelle11.jpg

Le même jour ou presque, des hommes faisaient disparaître une des nique-à-feu de la ruelle: un vieux hangar tout décrépît comme il y en existe encore dans le quartier. Les trois autres de la ruelle sont toujours là.
ruelle10.jpg

Finalement, le 20 juin arrivait en grand pas. Nous savions que ce vendredi-là, une soixante de bénévoles d’une firme du centre-ville débarquait.

ruelle12.jpg

C’était le réaménagement Officiel, avec partie de hockey et conférence de presse. Malheureusement, nous n’étions présent que le matin, puis en fin de journée.

1.jpg

2.jpg

3.jpg

4.jpg

5.jpg

Bien évidemment, tout n’est pas rose, orange et vert bonbons dans le quartier depuis que la ruelle l’est, elle. Mais il n’empêche que pour les 10-15 tit culs qui derrière chez moi jouent toute la journée, et tous les débuts de soirée tout de suite après le souper, ce gymnase en plein air est une chance incroyable.

41.jpg

Qui, à 8 ou 10 ans, n’aurait pas rêvé d’avoir dans sa ruelles des animateurs qui te font jouer au hockey, au basket, à la chasse au trésor, à la guerre de pistolets à eau ?

Pour ces enfants d’Hochelaga, cette ruelle pourrait faire une sacré différence.

6.jpg

7.jpg

Voilà, je vous laisse sur cette dernière image. La photo est prise sur l’heure du souper. En après-midi, la ruelle était pleine et quelques heures plus tard aussi. J’ai choisi de vous ne montrer que l’accalmie de l’heure du souper. Vous devez me croire sur parole : depuis sa transformation, la ruelle est pleine d’enfants, tout le temps.

Je n’ai pas encore photographié les enfants. Si vous insistez, j’irai. En attendant, je vous laisse le plaisir d’imaginer ces photos peuplées de la vue, du bruit et de la vitalité des enfants.

12.jpg

Leave a Reply