Lettre à Mariam

Chère Mariam,

Tu n’es pas encore née. Mais voici tout de même une lettre. En tant que Première Matante, je souhaitais t’écrire la première.

C’est la première lettre, autant commencer par le début. Je veux aujourd’hui te raconter l’histoire de la rencontre de tes parents. Tout enfant fini par la demander un jour ou l’autre, de toute manière.

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En voici donc une version :

Envers et contre tout

Il y a maintenant deux ans quasi jour pour jour, Mélanie venait me rejoindre en Tunisie, le pays de ton père. J’y vivais depuis quelques mois, stagiaire dans un magazine à Tunis. Elle venait me visiter avec ma famille pour deux semaines. Elle, mon frère, ma mère et son copain.

Ce voyage fut magique. Cette quinzaine de jours fut extraordinaire. Évitant le plus souvent les sentiers battus, nous avons sillonné la Tunisie du Nord au Sud. Nous avons vu, senti, ressenti, plein de choses.

Un de mes plus chers souvenirs de ta maman provient de ce voyage, de notre nuit dans notre « mille étoiles », celles du Sahara. Autour du feu : notre guide, nos deux chameliers, ma famille, puis ta mère rayonnante, et nos fous rires. Nous étions tous simplement hors du temps. C’est l’effet que procure la nuit dans le désert.

Nous nous sommes aussi arrêtés à Makthar, que tu connais déjà. C’est jour-là que nous avons rencontré la famille d’Issam et de Bahram, ton oncle, mon amoureux à l’époque. Ta famille !

Puis, nous sommes rentrés à Tunis. C’est ce jour que tes parents devaient se rencontrer. À ce moment-là, Bahram et moi tramions chacun de notre côté pour que tes futurs parents flirtent un peu. Pour les « matcher » comme on dirait en bon Québécois. Tu sais ce genre de truc qui ne fonctionne qu’une fois sur mille. Eh ! Bien !, ce fut la bonne, car sans même que nous nous en apercevions, nous les avons perdus, non pas dans la brume, mais dans la foule entassée des ruelles du Souk de Tunis.

Ils sont ensuite restés liés ensemble la plus ou moins quinzaine d’heures avant le départ de Mélanie. Moins de 24 heures.

Mais ces instants ont suffi. Je ne sais pas si c’est à ce moment-là qu’ils ont décidé d’être ensemble envers et contre tout, peu importent les obstacles, mais toujours est-il qu’ils sont maintenant réunis et que tu arrives dans quelques jours.

À coup de courriels, de cartes d’appel, de voyage, de mariage, de patience et d’innombrables procédures administratives, ils ont fait plus que mentir le fameux proverbe « loin des yeux, loin du cœur ». Ils ont offert un puissant pied de nez aux aigris qui refusent de croire que tout est possible, à ceux qui osent prétendre que tout est joué d’avance, aux résignés.

Comment y sont-ils parvenus ? Comment y ont-ils cru ? Demande cela à Mélane. Elle te parlera certainement de visualisation et d’autres choses auxquelles matante a souvent bien du mal à croire… Mais prends tout le même le temps de l’écouter, c’est ta mère, après tout !

En attendant, je crois sincèrement que tu es bien tombée, question parents. Deux êtres inouïs avant tout profondément vrais et humains.

Alors, arrive vite maintenant !

Amel

3 Réponses to “Lettre à Mariam”

  1. maman Says:

    Comme toujours tu sais trouver le mot juste pour décrire, pour faire sourire, pour rappeler des souvenirs magnifiques mais surtout pour émouvoir!
    Je suis fière de toi, de ton itinéraire de vie….Finalement je t’ai bien réussie hihihi

  2. amelie Says:

    Finalement ??

  3. Les Petits Récits d’Amélie » Blog Archive » MARIAM a 3 mois Says:

    [...] Pour ceux qui auraient lu les articles précédents, vous connaissez déjà un tant soit peu la princesse Mariam et son histoire des plus rocambolesques. Aux autres, je vous renvoie à la Lettre à Mariam , publiée le 12 mai dernier, date de naissance de cette petite étoile. [...]

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