La forêt aux petits pieds

août 25th, 2008

Deux amies de Québec, Mélanie Valiquette et Ariane Duchesne, après pratiquement 20 ans à avoir trempé dans le théâtre - en tant que comédiennes, profs, marionnettistes, clowns- et j’en oublie, ont récemment mis sur pied (enfin!) leur propre compagnie de production de théâtre:

Les productions Amstramgram

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Depuis juin, elles présentent leur première pièce destinée aux enfants âgées entre trois et huit ans: La forêt aux petits pieds. J’ai eu l’occasion de les voir à la St-Jean sur les Plaines…

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Il y a des moments où je dois avoir encore huit ans, car j’ai bien aimé !

Alors, n’hésitez-pas à aller voir leur site et à retenir leur nom. Vous en réentendrez parler !

Hier encore …

juillet 24th, 2008

Nostalgie, nostalgie,

Nostalgie…

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www.vicgallery.com

Petite histoire d’une ruelle

juillet 7th, 2008

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Il y a longtemps que je n’avais rien pondu pour mon blogue. À ceux qui sont parfois passés par ici sans qu’il n’y eût de nouveau contenu, je m’excuse. J’avais d’autres chats à fouetter… Comme passer du temps avec vous, par exemple.

Pour fêter mon premier anniversaire dans la Métropole du Québec, je vous reviens aujourd’hui avec une petite histoire illustrée, celle de la ruelle du Docteur Julien.

Si vous habitez à Montréal, il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà entendu parler du Docteur et de son organisme l’Assistance aux Enfants en Difficulté (AED). Depuis plus de 10 ans maintenant que le pédiatre social a ses bureaux au cœur d’un des quartiers les plus défavorisés au pays : Hochelaga. Ses bureaux ? Une clinique, des chambres pour recevoir les familles en difficulté, des locaux pour accueillir bénévoles et enfants lors de l’aide au devoir après les classes, une cours pour que les enfants puissent jouer, etc.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’AED, je vous invite à commencer par la visite du site de l’AED.

Appuyé par des donateurs généreux, par les médias, par les citoyens qui donnent lors de sa guignolée, le Docteur et l’infirmière communautaire Claudette Everitt, (co-fondatrice), ont cru dès le départ à l’efficacité et à la nécessité d’agir localement. Tout porte à croire qu’ils ne se sont pas trompés.

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Et la ruelle ?

Un des récents projets du Docteur Julien est le réaménagement de la ruelle de l’AED. Dans le monde des ruelles de Montréal, de Hochelaga, toutes les ruelles ne sont pas égales. Si certaines sont remplies d’arbres, de cours et d’enfants, d’autres ne sauraient être définies autrement qu’en employant les termes de glauques, de scraps, de ternes. Celle du Docteur faisait plutôt partie de la seconde catégorie, comme vous pouvez le constater.

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Jusqu’à ce que sa fondation (La Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale. FPPS) convainque la Ville de partager les frais pour réaménager la ruelle, celle-ci ressemblait donc à cela.

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Après deux rencontres, l’une avec les propriétaires des immeubles à logements des trois ruelles impliquées dans le renouveau de la ruelle, l’autre avec les locataires, la ruelle a subtilement débuté à se transformer.

Pour tout ceux qui travaillent à l’AED, l’objectif du réaménagement de la ruelle était clair : rendre la ruelle aux enfants.

Parce qu’avant le début des travaux, des enfants, dans la ruelle, il n’y avait aucun, ou si peu.

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Puis, un bon matin, des hommes et des camions sont débarqués, ont fait un boucan d’enfer pendant toute la journée et sont repartis. Ce fut la première étape: changer les égouts.

On ne le savait pas encore, mais les jours de l’unique graffiti de la ruelle étaient comptés. Ce dessin, nous ne saurons jamais ce qu’il représentait exactement: un soldat, un chasseur ?

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Quelques jours plus tard, les Messieurs (et la Madame) sont revenus avec leurs camions. Cette fois-ci, c’était l’asphalte qu’on venait rajeunir.

Juste ça, de l’asphalte neuf dans une ruelle. Dès la fin de la journée, on a vu ce qu’on ne voyait pas (ce qu’on ne voyait plus ?) dans la cours: des enfants avec leurs vélos, leur planches à roulettes et leurs trottinettes, jouer jusque tard dans la soirée… La réappropriation de la ruelle débutait déjà.

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Quelques jours plus tard, on réaménageait un stationnement situé à la jonction des deux ruelles: de la terre, du sable, une clôture: une aire de jeux.
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Le même jour ou presque, des hommes faisaient disparaître une des nique-à-feu de la ruelle: un vieux hangar tout décrépît comme il y en existe encore dans le quartier. Les trois autres de la ruelle sont toujours là.
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Finalement, le 20 juin arrivait en grand pas. Nous savions que ce vendredi-là, une soixante de bénévoles d’une firme du centre-ville débarquait.

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C’était le réaménagement Officiel, avec partie de hockey et conférence de presse. Malheureusement, nous n’étions présent que le matin, puis en fin de journée.

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Bien évidemment, tout n’est pas rose, orange et vert bonbons dans le quartier depuis que la ruelle l’est, elle. Mais il n’empêche que pour les 10-15 tit culs qui derrière chez moi jouent toute la journée, et tous les débuts de soirée tout de suite après le souper, ce gymnase en plein air est une chance incroyable.

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Qui, à 8 ou 10 ans, n’aurait pas rêvé d’avoir dans sa ruelles des animateurs qui te font jouer au hockey, au basket, à la chasse au trésor, à la guerre de pistolets à eau ?

Pour ces enfants d’Hochelaga, cette ruelle pourrait faire une sacré différence.

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Voilà, je vous laisse sur cette dernière image. La photo est prise sur l’heure du souper. En après-midi, la ruelle était pleine et quelques heures plus tard aussi. J’ai choisi de vous ne montrer que l’accalmie de l’heure du souper. Vous devez me croire sur parole : depuis sa transformation, la ruelle est pleine d’enfants, tout le temps.

Je n’ai pas encore photographié les enfants. Si vous insistez, j’irai. En attendant, je vous laisse le plaisir d’imaginer ces photos peuplées de la vue, du bruit et de la vitalité des enfants.

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Pendant ce temps, au nord de l’Ouganda

février 4th, 2008

Loin de moi l’idée de vouloir minimiser les morts, blessée et déportés qui font actuellement les manchettes au Kenya. Pas plus que le coup d’État que vit ces jours-ci le Tchad.

Seulement rappeler que sur certains conflits, que sur certaines guerres, les caméras ne se posent jamais. Ou trop rarement. Ou bien maladroitement.

Voici donc une rencontre avec Catherine Hébert, qui a elle posé sa caméra de l’autre côté de la frontière kényenne, en Ouganda.

Le nord de l’Ouganda abandonné

afficheff.jpg Photo: Mango Films

Rencontre avec Catherine Hébert

Amélie TENDLAND – 31 janvier 2008

Paru dans Alternatives


Avec De l’autre côté du pays, la cinéaste Catherine Hébert a braqué sa caméra sur l’un des conflits les plus sous-médiatisés du continent africain : la guerre au nord de l’Ouganda, qui perdure maintenant depuis plus de 20 ans. Elle en est revenue avec un film dont la sobre beauté frappe tout autant que son tragique propos politique.

Jusqu’ici, cette guerre aura vu mourir plus de 100 000 personnes et naître environ 60 000 enfants soldats.
angioletta.jpg Photo: Catherine Hébert

Loin des feux de la rampe, les Ougandais du Nord sont victimes depuis 1986 d’un conflit opposant l’armée du pays aux rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Composé majoritairement d’enfants enlevés de force et contraints à se battre, ce mouvement persiste, à coup de pillages, d’incendies et de viols, à terroriser les habitants de la région. Et tout porte à croire que le gouvernement ougandais n’a aucune réelle volonté d’y mettre un terme.

De l’autre côté du pays, qui a remporté en novembre le prix du public aux dernières Rencontres internationales du documentaire de Montréal, présente le conflit dans toute sa complexité, en suivant cinq Ougandais du Nord dans leur vie quotidienne. La moitié du pays est littéralement laissée à l’abandon par le gouvernement du président Yoweri Museveni qui, malgré son impressionnante armée, prétend ne pas être en mesure de régler le conflit. Pire, il en nie l’existence même.

Pendant ce temps, les routes du nord du pays sont devenues difficilement carrossables, 90 % des écoles publiques sont fermées, les villages sont abandonnés et plus de 80 % des habitants de ce qu’on appelait le grenier de l’Ouganda vivent désormais dans des camps et dépendent du Programme alimentaire mondial de l’ONU. Environ 1000 personnes y perdraient la vie chaque semaine.

Genèse du film

Catherine Hébert s’est une première fois rendue au nord de l’Ouganda en 2004. Elle y avait à l’époque réalisé un court documentaire, Des mangues pour Charlotte. « Ce premier voyage dans le nord de l’Ouganda m’a profondément choquée et bouleversée. Dès mon retour, je voulais absolument y retourner pour faire un film plus long, plus en profondeur. Ça devenait une obsession », se souvient la documentariste. Insistant sur le peu de médiatisation de cette guerre, la jeune femme raconte y être retournée sans sa caméra en 2006. « Il était très important pour moi de faire les choses ainsi, afin d’établir un lien de confiance. » C’est à cette époque que la réalisatrice a déniché les cinq personnes présentées dans le film. On y découvre notamment une fille qui marche 10 km chaque jour afin de trouver un endroit sûr pour dormir, un enfant orphelin de 7 ou 8 ans tentant de survivre en ville et une mère dont la fille a été enlevée par les rebelles.

« Les gens étaient très ouverts avec nous. Ils étaient surtout étonnés de voir que quelqu’un s’intéresse à leur sort », se souvient Catherine Hébert. Exception faite de certaines ONG, rares sont en effet les étrangers à s’y aventurer, explique-t-elle. Pendant longtemps, le gouvernement ougandais invitait fortement tout étranger à ne pas se rendre au nord du pays, arguant que la situation était trop dangereuse. En 2007, Catherine Hébert et son équipe ont dû s’y rendre clandestinement, équipement caché, munis de visas de touriste.

Un conflit dont tire profit le président

Pour plusieurs, il ne fait aucun doute que le gouvernement ougandais tire profit du conflit. À la suite du coup d’État de 1986, le président Museveni a reçu beaucoup d’argent de bailleurs de fonds occidentaux. Aujourd’hui, 50 % du budget de l’Ouganda provient toujours de l’Occident. « À l’époque, le gouvernement Museveni a entrepris des réformes économiques qui ont eu un succès relatif, notamment dans le domaine de l’éducation et de la lutte au sida, explique Catherine Hébert. Il est en quelque sorte devenu le bon élève américain. Succès relatif seulement, car seul le sud du pays a pu profiter de ces réformes. »

Or, la menace de voir un jour cette guerre s’étendre au Sud sert aujourd’hui d’alibi politique au président Museveni, selon la réalisatrice. « Non seulement il laisse croire à ses électeurs du Sud que la situation ne peut être contrée que par son gouvernement, mais de plus il se sert de cette menace pour justifier ses dépenses militaires. » Environ 50 % du budget national serait consacré à l’armée.

Deux générations sacrifiées

Le film De l’autre côté du pays montre clairement l’urgence de mettre fin à ce conflit dont les ravages ont déjà provoqué de profonds stigmates au sein de la population. Plus de 80 %, des rebelles sont des enfants qui ont été enlevés. «  Ce sont deux générations qui ont carrément été sacrifiées », dénonce la documentariste. Les gens n’appuient pas les rebelles, mais souvent ils cherchent à protéger le fils, la fille ou le neveu qui a été enrôlé de force par la LRA.

caroline-route1.jpg Photo: Catherine Hébert

Catherine Hébert explique également qu’il existe des programmes de démobilisation pour les enfants soldats qui sont parvenus à quitter les rangs du mouvement. Si ces programmes obtiennent certains résultats, le plus difficile demeure leur retour à la maison. « Lorsqu’ils reviennent dans leur village, ils sont souvent considérés comme des criminels. Éviter qu’ils soient rejetés par leur communauté demeure un grand défi. »

De plus, les filles, qui constituent pourtant le tiers des enfants soldats du pays, ne fréquentent pas ces centres de démobilisation. « Elles ont trop honte pour s’y rendre, particulièrement si elles ont un enfant conçu en captivité. » Pourtant, c’est bien la réintégration de ces jeunes femmes qui demeure la plus délicate à réaliser. Ces anciennes « épouses forcées » et leurs enfants représentent un risque constant pour les habitants de leur village, car les pères, commandants de la LRA, risquent de surgir à tout moment.

Espoir

Pour Catherine Hébert, l’espoir de voir un jour la paix au nord de ce pays est toutefois toujours bien vivant. « Il y a des gens à l’intérieur qui résistent, pas nécessairement en militant, mais pour survivre. Caroline, qui marche 10 km par jour afin de trouver un endroit sûr pour dormir, résiste. Pour moi, ce sont les gens comme elle qui sont les vrais héros, les vrais résistants. »

Réponse à Madame Bombardier

décembre 12th, 2007

Il y a quelques temps, Denise Bombardier publiait la chronique qui suit, à propos de la grève des étudiants de novembre dernier.

Étudiante au baccalauréat en études littéraires à l’UQAM, Julie Nadeau Lavigne, lui répondait quelques jours plus tard… dans une lettre qui ne fut pas publiée par le Devoir.

La lettre de Julie suit le texte de Mme Bombardier.

Le Devoir
IDÉES, samedi, 17 novembre 2007

Désolante routine

Bombardier, Denise


Le mot ne s’applique pas qu’aux aléas de la vie amoureuse. Il n’est pas réservé uniquement aux aspects négatifs du travail. Il est au coeur de la vie politique et sociale. Dans cette optique, les manifestations étudiantes de cette semaine, avec leur lot d’agitation et de bêtises délinquantes, appartiennent à une routine estudiantine.

On s’ennuie, on cherche l’émoustillement, on revêt l’uniforme de l’exploité social et du redresseur de torts, on n’a pas réglé ses problèmes avec l’autorité, on croit à l’abolition des droits de scolarité comme les générations précédentes ont cru tour à tour au peace and love, au karma, à la révolution sexuelle et à l’exploitation de l’homme par l’homme, et on descend dans la rue fiévreux, vaguement inquiets, et on se prend pour des moines birmans qu’on a vus sur YouTube. Cela déplaira suprêmement aux adorateurs jeunistes et à ceux parmi les jeunes qui estiment qu’on doit les idolâtrer en vertu de leur âge, faute de quoi on appartient au camp des vieux méprisants, mais cette descente dans les rues relève de l’enfantillage réactionnaire de privilégiés qui pratiquent le nombrilisme social.

S’il n’est pas facile d’être jeune de nos jours, comment qualifier l’époque où, à 25 ans, les garçons et les filles étaient déjà parents de deux ou trois enfants qu’ils avaient la responsabilité de faire vivre? Le père travaillait, avait peu de temps pour épanouir son «moi» dans des loisirs divers, et les mères n’avaient pas de psychologues pour les éclairer sur la façon de développer leur «estime de soi». À 20 ans, on était adulte, au sens de «responsable», et on rêvait qu’un jour nos enfants auraient une vie plus facile. À vrai dire, ces générations ont tellement rêvé l’avenir qu’une partie d’entre elles s’est refusée à contrarier et à contraindre ses propres enfants, avec le résultat qu’elle n’a pas su les élever pour faire face aux réalités de ce monde contemporain rempli de contradictions.

Quand on a appris que tout nous est dû, que le «système» est pourri, que toute autorité est symbole d’exploitation, qu’une institution comme l’université est un instrument de domination capitaliste, qu’entre un recteur et George W. Bush il n’y a qu’une différence de degré dans l’horreur, quand on estime que la société doit payer nos études sans contrôle excessif de la qualité du rendement, on descend dans la rue pour que la répression policière se mette en branle et que, tachés de sang, on crie à la dictature. C’est peu dire qu’on se fiche des autres étudiants, ces confrères aliénés et futurs exploiteurs du système pourri, qui éprouvent peu d’enthousiasme devant notre saine révolte.

Eh bien, y en a marre de ces plaintes appuyées sur des statistiques tronquées ou complaisantes à propos des conséquences catastrophiques d’un dégel des droits de scolarité sur les inscriptions. Avec le plus bas taux de droits au Canada, le nombre d’étudiants universitaires au Québec n’est pas supérieur à celui des autres provinces, ce qui démontrerait qu’il n’y a pas de cause à effet direct entre le prix de la scolarité et la fréquentation universitaire. Des étudiants crient leur indignation au dégel des droits, à hauteur de 50 $ par semestre; d’autres, au nom de leur droit à l’éducation, exigent l’abolition pure et simple de ces mêmes droits, et tous ces jeunes donnent à penser qu’ils sont des victimes alors qu’ils constituent les privilégiés de leur génération, dont les trois quarts n’accèdent pas au niveau universitaire.

Dans la rue, nous sommes face à un lobby de jeunes qui enrobent un discours d’arrière-garde construit sur leurs intérêts particuliers en un prêchi-prêcha où il est question, pêle-mêle, de démocratie, de répression politique et policière, de combat contre l’injustice et d’inégalités sociales. Oui, il y a un sous-financement universitaire; oui, il y a eu incurie et une gestion irresponsable à l’UQAM; mais qui peut croire que c’est dans ces manifestations où s’expriment des indignations gonflées à l’hélium idéologique par des professeurs complaisants dont la lecture sociale s’inspire de la gauche périmée que se trouve la solution aux vrais problèmes de l’enseignement supérieur?

Ces obsédés du gel des droits de scolarité ou de leur abolition sont de mauvais citoyens dans la mesure où ils refusent de faire un léger effort personnel supplémentaire afin de financer l’université comme les autres contribuables. Ces jeunes à qui tout est dû croient aussi à l’assistanat et se fichent bien de ceux qui les suivent. «Après moi le déluge!» pourrait être leur slogan. Faut-il rappeler cependant qu’ils ont eu des maîtres à penser avec ces professeurs baby-boomers, le coeur à gauche dégoulinant de bien-pensance, fonds de retraite et sécurité d’emploi bien encastrés à droite? Ceux-ci ont prémuni leurs étudiants contre tous les salauds de la Terre boursicoteurs, spéculateurs et créateurs d’emplois, aliénants, il va sans dire.

Enfin, n’oublions pas que la majorité des étudiants universitaires proviennent toujours des strates sociales supérieures et qu’en les mettant si peu à contribution pour le financement de l’université, l’État favorise ces mêmes classes supérieures au détriment des jeunes des classes défavorisées. Pour employer le langage des forces vives descendues dans la rue ces derniers jours, on pourrait dire que l’État perpétue l’exploitation des pauvres par les plus riches. C’est ce qu’on appelle l’effet pervers.

http://www.ledevoir.com/2007/11/17/164736.html


En réponse à la chronique de Denise Bombardier, « Désolante routine », publiée dans le Devoir des samedi 17 et dimanche 18 novembre 2007.

Mme Bombardier,

Suite à la lecture de votre chronique de samedi dernier, permettez-moi de vous annoncer que vous gagnez la palme du mépris envers les étudiants, et ce haut-la-main. Lors des deux dernières grèves auxquelles j’ai participé en tant qu’étudiante à l’UQAM (la précédente étant celle de 2005 pour protester contre les coupures effectuées dans le système d’aide financière), rarement ai-je eu l’occasion de lire un texte aussi blessant, drapé de surcroît dans une mauvaise foi inouïe. J’aimerais vous expliquer, en deux points brefs, pourquoi votre chronique m’apparaît d’abord comme un dénigrement pur et simple des étudiants grévistes et ensuite comme une simplification à outrance des facteurs qui ont entraîné la grève.

En quoi votre chronique était-elle méprisante ? Je commence en vous citant : « on se prend pour des moines birmans qu’on a vus sur YouTube ». Réalisez-vous que, nombreux parmi les grévistes et les manifestants, il y avait des étudiants en histoire, en science politique, en philosophie, c’est-à-dire des gens plongés dans l’étude et l’analyse de la société et de la conscience que cette société a d’elle-même ? Comment pouvez-vous associer ces personnes à des incultes abonnés à Internet qui ne doivent leur connaissance des récents événements en Birmanie qu’à un site de partage de vidéos ? Ce faisant, vous catégorisez un peu trop facilement, mais surtout vous rabaissez de manière tout à fait gratuite des citoyens qui ont fait un choix réfléchi en choisissant de manifester leur désaccord face au dégel des frais de scolarité. Votre rhétorique amène vos lecteurs à penser qu’en effet, les étudiants qui manifestent ne sont qu’une pâle copie de ces moines qui manifestent au risque de leur vie pour la démocratie ; qu’ils ne font que singer d’autres mouvements de protestation et que leur propre cause ne vaut pas la peine d’être défendue. Je le répète, ce type de discours m’apparaît tout à fait malhonnête.

D’autre part, cette grève qui vient de se terminer peut essuyer de nombreux reproches, mais pas pour les raisons que vous croyez. Permettez-moi de vous exposer ma vision des choses, en tant qu’étudiante. Des deux grèves que j’ai connues, même si elle fut la plus courte, celle-ci fut la plus sale des deux, la plus décevante. J’ai vu des étudiants franchir des « piquets de grève », c’est-à-dire essayer d’obtenir que le cours ait lieu même si la moitié de la classe, respectueuse du choix démocratique fait en assemblée générale, était absente. J’ai vu une administration, celle de l’UQAM, nier elle aussi l’autorité des choix faits en assemblée générale en qualifiant dédaigneusement de « boycott des cours » une grève votée dans les règles. J’ai vu un gouvernement apathique et sûr de lui parce que sachant bien, au fond, que les médias se chargeraient de faire perdre toute crédibilité au mouvement étudiant.

Heureusement, j’ai aussi vu des assemblées générales bien organisées et des participants respectueux des opinions divergentes quelles qu’elles soient. J’ai vu des membres du RATS (Rassemblement des artistes très sensibilisés) redoubler d’imagination pour faire passer notre message. J’ai vu une grande lucidité, mais pas de cette lucidité qui écrase l’espoir. Et par-dessus tout, j’ai vu des gens qui, eux, osent dire au gouvernement de Jean Charest que ce Québec qu’il en train de nous mijoter, nous n’en voulons pas. Que ce n’est pas ainsi que nous voyons notre avenir. La question des frais de scolarité n’est qu’un élément parmi tant d’autres. Oui, parmi nous, il y a quelques anarchistes, quelques aspirants Che Guevara nourris de rhétorique marxisante, quelques vandales. Mais le mouvement étudiant n’a jamais été parfaitement harmonieux : des sons discordants peuvent et doivent se faire entendre. Cependant, le fait que vous preniez appui sur ce fait évident pour discréditer notre démarche démontre un certain manque de discernement de votre part. Je vous cite une seconde fois : « mais qui peut croire que c’est dans ces manifestations où s’expriment des indignations gonflées à l’hélium idéologique par des professeurs complaisants dont la lecture sociale s’inspire de la gauche périmée que se trouve la solution aux problèmes de l’enseignement supérieur ? » Je passerai outre le fait que vous infantilisez les étudiants en les présentant comme des êtres incapables d’ébaucher une pensée qui leur est propre, comme des perroquets répétant les discours de leurs professeurs (j’exagère mon interprétation de vos mots, mais à peine…). Eh bien, si nous ne sommes pas la solution, nous sommes au moins la sonnette d’alarme. Si les étudiants ne descendent pas dans la rue pour défendre l’accessibilité aux études et pour dénoncer un plan de redressement qui met en péril la mission de l’UQAM, qui le fera à notre place ? Pas vous, si j’ai bien compris.

Julie Nadeau Lavigne
Étudiante au baccalauréat en études littéraires à l’UQAM

Pied de nez à la solitude

décembre 9th, 2007

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Film Le ring: Les enfants d’Hochelaga

décembre 3rd, 2007

Un autre article paru dans Alternatives

Si ce n’est pas encore fait, allez vite voir ce film !

Entretien avec Anaïs Barbeau-Lavalette

Fiction documentée

Amélie TENDLAND

Avec son premier long métrage, Le ring, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette signe une chronique sur l’univers chaotique de nombreux enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Film ultra réaliste, Le ring raconte l’histoire du jeune Jessy, dont l’univers va bousculer à la suite du départ de sa mère héroïnomane. Entre un père qui tente maladroitement de garder soudée la famille et un frère et une sœur qui lorgnent du côté de la drogue et de la prostitution, Jessy va lui se tourner vers la lutte. Jusqu’à ce qu’il prenne conscience que la vie n’est pas un match de lutte… Entrevue avec une jeune cinéaste engagée.


Alternatives ─ Vous avez majoritairement réalisé des documentaires. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous lancer dans la fiction avec ce premier long métrage ?

Ça m’a un peu tombé dessus par hasard. J’aime beaucoup le documentaire, mais j’avais aussi l’envie de toucher à autre chose. Outre le désir de toucher à un peu tout, je voulais rassembler plusieurs éléments du réel. Les personnages du film, je les connais tous, je les ai tous rencontrés sur le terrain. Le ring m’a permis de les rassembler dans une même fiction. Je voulais aussi rejoindre le plus de monde possible. Le documentaire ne bénéficie malheureusement pas d’une diffusion aussi large que la fiction.

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La cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette
photo: Pasacaline Lauze

A. ─ Vous avez tourné des documentaires sur des enfants de nombreux endroits sur la planète. Pourquoi avoir choisi de mettre en scène ceux du quartier Hochelaga-Maisonneuve ?

Je fais du bénévolat dans Hochelaga-Maisonneuve depuis sept ans. Je connais donc bien le quartier de l’intérieur. Je ne me serais jamais permis de faire un film sur un quartier que je ne connais pas. Je sentais que j’avais le droit d’en parler. Je voulais être l’intermédiaire de ces enfants, mettre le quartier sur la map. À Montréal, si tout le monde sait que ce quartier est défavorisé, on n’en parle jamais vraiment. Des petits « Jessy », il y en a plein à Hochelaga-Maisonneuve, ils existent, ici, juste à côté de nous.

A. ─ Comment votre expérience de documentariste a-t-elle influencé le film ?

Je n’aurais jamais pu faire ce film si je n’avais pas tourné avant des documentaires sur les enfants défavorisés du Sud. Ça m’a pris tous les enfants du monde pour prendre conscience de la réalité des enfants ici, dans ma ville. Cela a été plus facile d’aller à la rencontre des enfants défavorisés du Honduras que d’ici. J’étais d’ailleurs fâchée contre moi-même, fâchée de ne pas les avoir vus avant, de ne pas avoir pris conscience avant de la pauvreté des enfants juste à côté de chez moi.

Mon expérience en documentaire a aussi influencé la manière dont le film a été tourné. Je le voulais ancré dans la réalité, dans tous les aspects, que ce soit pour les costumes, le langage, pour ce qu’il y avait dans le frigo et aussi ce qu’il n’y avait pas. Par exemple, le lait qu’on voit dans le film n’est pas écrémé, parce que je sais pertinemment qu’on n’en retrouve pas dans les frigos du quartier…

Nous avons aussi travaillé l’ambiance sonore. Alors que généralement on fait disparaître les bruits de fond (musique du voisin, porte qui grince, voisin d’en haut qui marche), nous en avons au contraire rajouté. On sent ainsi que les voisins sont séparés par des murs en carton.

A. ─ Les enfants sont au cœur de vos réalisations. D’où vous vient cet intérêt ?

Je répondrais simplement que je suis vraiment bien avec les enfants. Ils sont vrais et je suis à mon meilleur avec eux. Il n’y a pas de masque. De plus, je crois qu’ils sont trop peu écoutés, comme les aînés d’ailleurs. Ils n’ont pas beaucoup de place dans la société, alors qu’ils auraient beaucoup à nous dire, à nous apprendre.

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photo: www.christalfilms.com

A. ─ Comment avez-vous déniché le jeune comédien Maxime Desjardins-Tremblay, l’interprète de Jessy ?

Nous l’avons d’abord filmé un peu par hasard, Arnaud Bouquet et moi, lors de la réalisation du documentaire Si j’avais un chapeau, il y a quelques années. À l’époque, nous avions tourné un match de lutte dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et il y avait là un garçon de 10 ans qui criait plus fort que tous les autres. C’était Maxime. Pour Le ring, nous lui avons fait passé six auditions. C’est beaucoup, mais nous voulions être sûrs qu’il serait à la hauteur, car la réussite du film reposait entièrement sur son interprétation du rôle de Jessy. Nous avons beaucoup travaillé avec lui. Contrairement à ce qui se fait d’habitude, nous avons fait les répétitions sur les lieux de tournage, avec une caméra.

A. ─ Pourquoi la lutte ?

D’abord parce que la lutte est un véritable phénomène dans le quartier, une sorte de catharsis. Ensuite, parce que le ring symbolise le quartier, la vie du personnage de Jessy. Contrairement à la lutte, Jessy va se rendre compte que tout n’est pas prédéterminé, qu’on a le choix, qu’on peut décider de ne pas être un éternel loser.

A. ─ D’après vous, le film a-t-il une portée universelle ?

Il semble que oui et je ne m’attendais pas à cela. On dit que plus c’est local, plus c’est universel. Je réalise de plus en plus à quel point c’est vrai. Le film a été présenté en Corée du Sud et la salle était bondée, il y avait plein de gens qui posaient des questions. Il y a donc aussi des petits Jessy coréens. Jessy peut être n’importe quel jeune garçon issu d’un milieu pauvre de la planète, et Hochelaga-Maisonneuve est l’exemple de n’importe quel quartier défavorisé.

A. ─ Qu’espérez-vous qu’on retienne du film ?

J’espère que nous allons parler davantage de ces enfants, que nous allons les raconter, qu’ils ne seront plus ignorés. J’aimerais également provoquer une volonté d’engagement, donner une réponse à ceux, nombreux, qui ont une volonté d’agir, qui se demandent : « Mais qu’est ce qu’on peut faire ? » Il existe déjà de nombreux organismes dans le quartier dans lesquels on peut s’impliquer. Par exemple l’AED (Assistance aux enfants en difficulté), dans lequel je suis impliquée, permet de parrainer un enfant, on peut également faire de l’aide aux devoirs, etc.

A. ─ Et quels sont vos projets actuellement ?

En ce qui concerne Le Ring, je pars sous peu le présenter en Inde. Il sera également présenté au Festival international du film de Berlin en février prochain. Je travaille sur un documentaire coréalisé avec Émile Proulx-Cloutier, Les petits géants. Le projet consiste à suivre pendant un an des enfants du sud-est de Montréal qui montent un opéra de Verdi. Enfin, j’ai déjà un scénario sur les rails pour un deuxième projet de long métrage, sur la Palestine, celui-là.

Ces Mexicains qui triment dur dans nos champs

décembre 1st, 2007

Bonjour à tous,

Voici un nouvel article paru dans Alternatives

Un documentaire réalisé par Charles Latour et présenté au Rencontres internationales du documentaire de Montréal en novembre.

30 novembre 2007
Documentaire Los Mexicanos -Le combat de Patricia Pérez

Le combat des migrants du Sud

Amélie TENDLAND

Pendant deux ans, le cinéaste Charles Latour a suivi le combat de la syndicaliste Patricia Pérez qui s’est battue pour aider, informer et syndiquer les travailleurs saisonniers latino-américains travaillant dans les fermes du Québec. Il en est revenu avec un documentaire bouleversant, Los Mexicanos - Le combat de Patricia Pérez. Un hommage posthume, en quelque sorte, puisque Mme Perez est décédée en septembre dernier.

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Photo: Macumba international

Bon an mal an, des milliers de travailleurs saisonniers latino-américains viennent travailler dans les fermes du Québec. En 2006, ils étaient plus de 4000 en provenance du Mexique, du Guatemala et des Antilles à travailler dans les champs de la province, au salaire minimum, sept jours sur sept, en moyenne 70 heures par semaine. Faut-il ajouter que la plupart du temps, personne ne se soucie de payer les heures supplémentaires ?

À cela, s’ajoute les conditions de vie de ces travailleurs. Présenté lors des dernières Rencontres internationales du documentaire de Montréal, Los Mexicanos -Le combat de Patricia Pérez nous offre une petite visite dans leurs logements, souvent insalubres, dont les planchers sont pourris, les toits coulent, où des pesticides traînent dans la cuisine.

Suivant la lutte de Patricia Pérez, représentante du syndicat des travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), le documentaire nous présente également les rencontres en pleine nuit, en catimini, entre la syndicaliste et les travailleurs mexicains des fermes du Québec, à Saint-Rémi notamment.

De rencontre en rencontre, Patricia Pérez va finir par convaincre certains travailleurs de se syndiquer. Le documentaire suit le combat, jusqu’à la demande d’accréditation syndicale.

« Le documentaire s’est tourné pendant deux ans. C’est tout le processus qui s’est cristallisé aux cours de ces deux années. Au début, Mme Pérez ne savait pas trop où elle allait, elle a développé le processus quasiment toute seule, puis l’aide a fini par venir », explique le cinéaste.

Totale vulnérabilité

Méconnaissance des lois, des droits des travailleurs au Canada, barrière linguistique, Charles Latour insiste sur un point : la vulnérabilité de ces travailleurs étrangers. « Selon moi, il s’agit du problème majeur. Le fermier pour lequel ils travaillent possède en quelque sorte un droit de vie ou de mort sur eux », explique-t-il. Le travailleur mexicain peut en tout temps être renvoyé chez lui ou encore ne pas être réembauché l’année suivante. Souvent, ces papiers et son passeport lui sont confisqués à son arrivée au pays.

Le programme qui s’occupe de ces travailleurs, le Programme des travailleurs agricoles saisonniers du Canada (PTAS), prévoit la renégociation des contrats chaque année et ceux-ci ne sont valides que pour une ferme en particulier, explique le cinéaste. Or, déplore-t-il, ces contrats sont négociés entre le gouvernement du Canada, celui du Mexique et la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME). « Ne manque-t-il pas quelqu’un à la table de négociation ? », se demande Charles Latour.

Aux États-Unis, un grand nombre de travailleurs saisonniers sont illégaux. Toutefois, pour le cinéaste, les contrats canadiens, « qui passent aux yeux de la majorité comme un programme modèle, constituent en vérité une façade… Pour mieux s’asseoir sur ses lauriers ensuite. »

Charles Latour admet toutefois que certains travailleurs saisonniers étrangers sont bien traités au Québec. « Il existe une grande différence entre les immenses fermes où l’on emploie 150 travailleurs et les petites où il n’y en a que quelques-uns. Certains fermiers les traitent très bien, certains leur donnent plus que le salaire minimum, mais c’est une minorité. »

Voilà pourquoi, selon lui, la syndicalisation de ces travailleurs mexicains, qui constituent près de 50 % des employés dans le secteur de l’horticulture, constitue la meilleure et la seule solution possible.

Un combat loin d’être gagné

Pourtant, le combat est loin d’être gagné. En effet, quelques jours avant la mort de Patricia Pérez, emportée par le cancer en septembre dernier, la Commission des relations de travail du Québec refusait à 150 travailleurs agricoles mexicains le droit de se syndiquer, en se basant sur l’article 21 du Code du travail.

L’article 21 du Code du travail stipule que « les personnes employées à l’exploitation d’une ferme ne sont pas réputées être des salariés aux fins de la présente section, à moins qu’elles n’y soient ordinairement et continuellement employées au nombre minimal de trois ».

« La commission a littéralement interprété la loi sans tenir compte du contexte. Cet article a été débattu en chambre dans les années 60, explique Charles Latour. Dans les années 60, on définissait les employés saisonniers comme des salariés qui travaillaient entre deux et sept semaines par année. Or, les travailleurs mexicains des années 2000 travaillent dans nos champs entre quatre et huit mois par an. »

En octobre, le syndicat des travailleurs unis de l’alimentation et du commerce a porté la cause en appel devant la Cour supérieure du Québec. De l’avis du syndicat, si la commission a bien interprété le Code du travail, alors il faudrait carrément le changer. Il n’existe aucune raison pour que les travailleurs saisonniers des serres, des stations de ski ou des parcs d’attractions comme la Ronde puissent se syndiquer et pas ceux des fermes, dit en somme le syndicat.

Charles Latour n’en reste pas moins optimiste et croit que le combat de Patricia Pérez débouchera un jour sur la victoire. Et s’il admet que le problème de la compétitivité du secteur agricole québécois avec les États-Unis est bien réel, il croit toutefois que la question constitue d’abord un problème de société.

Outre le fait que les conditions de travail des employés saisonniers étrangers pourraient finir par tirer vers le bas celles des travailleurs en général au Canada, le cinéaste se pose surtout cette question incontournable : « A-t-on envie que des travailleurs saisonniers du Mexique soient exploités dans la cour arrière du Québec ? »

L’auteure est journaliste indépendante

Un milliard d’êtres humains loge à Bidonville.

novembre 3rd, 2007

Un être humain sur six sur notre planète vit désormais dans l’un des 2000 bidonvilles de la planète.

Des trois milliards de citadins de la Terre, c’est donc le tiers qui s’entasse dans ce que l’ONU a défini en 2002 comme « un espace se caractérisant par un surpeuplement, des logements informels ou de piètre qualité, un accès insuffisant à de l’eau saine et une forte insécurité ».

Ici un article à propos du livre La planète Bidonvilles, de Mike Davis. L’article est paru dans un numéro spécial sur les grandes villes du futur du mensuel Alternatives.

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Dossier grandes villes du futur

    La mondialisation des bidonvilles

Amélie TENDLAND – 31 octobre 2007

Pour l’auteur Mike Davis, l’actuelle explosion de la population urbaine constitue une époque cruciale de l’Histoire, au même titre que la révolution industrielle. Davis rappelle qu’en 2060, la population de la planète devrait atteindre 10 milliards de personnes. D’ici là, 95 % des nouveaux habitants de la planète naîtront dans une ville du Sud, et la majorité d’entre eux grandiront dans un bidonville.

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L’an dernier, l’auteur américain a publié un tableau apocalyptique de ce qui nous attend, si nous n’y prenons garde : La planète des Bidonvilles (La Découverte, 2006), devenu une sorte d’incontournable pour ceux qui s’intéressent aux villes du futur. Selon lui, à moins d’un redressement fort improbable, la ville de demain ressemblera à un immense bidonville sans aucune structure où la pauvreté, la maladie, la violence, l’absence de droits et l’économie informelle deviendront la norme. Il ajoute aussi que les solutions pour éviter l’avènement de ce monde cauchemardesque ne courent pas les rues.

Chercheur indépendant, auteur éclectique de la gauche américaine, expert en sociologie urbaine, ethnologue, historien, Mike Davis est un auteur difficile à classer. Il a acquis une certaine renommée dans les années 1990 grâce à son ouvrage City of Quartz. Excavating the future in Los Angeles , une étude sociologique teintée de marxisme sur l’histoire du développement de la ville américaine. Mais il s’est également penché sur l’histoire politique et environnementale des famines dont ont été victimes plusieurs régions du tiers monde à la fin de l’époque victorienne (Late Victorian Holocausts. El Nino Famines and the making of the Third World).

Avec La planète des bidonvilles, Davis présente une synthèse et une analyse de la littérature concernant les bidonvilles des quatre coins de la planète, depuis les années 1960. De Rio de Janeiro à Khartoum, en passant par Nairobi et Port-au-Prince, Davis accumule les statistiques vertigineuses. Presque trop terrifiantes pour être vraies. Des exemples ? En Éthiopie, plus de 99,4 % de la population vit désormais dans des bidonvilles. Mexico détient le triste record du bidonville le plus peuplé, avec quatre millions d’habitants. Les bidonvilles de New Delhi accueillent chaque jour 4000 nouvelles personnes, et la population des bidonvilles de l’Afrique augmente deux fois plus vite que celle de ses « vraies » villes.

Urbanisation sans progrès

Le plus souvent, la population urbaine en croissance n’habite plus dans la ville proprement dite, mais tout autour, dans sa périphérie. Selon Davis, on assiste aujourd’hui à une urbanisation sans progrès, sans logique, devenue synonyme de « bidonvilisation ». « La croissance urbaine a été déconnectée de l’industrialisation, et même du développement économique en tant que tel. Les facteurs qui poussaient les populations rurales à quitter la campagne fonctionnent indépendamment des attraits comme les offres d’emplois urbains formels, ce qui assure une explosion démographique urbaine continue », exposait l’auteur dans une entrevue accordée au Socialist Worker en mai 2006 (www.socialistworker.org/2006).

Dans les faits, la croissance urbaine des villes du Sud se poursuit de manière accélérée, malgré leur déclin économique. Davis explique le paradoxe en partie par ce qu’il baptise « l’involution urbaine ». « Au fur et à mesure que les personnes s’entassent dans des niches de survie informelle - travailleurs ambulants, journaliers, prostitués, domestiques, petits criminels, etc. - la masse devient de plus en plus pauvre », explique-t-il dans une entrevue sur le site Web Autres Brésils (www.autresbresils.net).

À qui la faute ? L’auteur la rejette en bonne partie sur les politiques néolibérales des États du Nord, sur le FMI et sur la Banque mondiale qui ont imposé aux pays du Sud leurs plans « d’ajustements structurels » aux cours des 30 dernières années.

« Make cities better as cities »

Malgré tout, Mike Davis estime que la ville demeure encore la meilleure solution pour le futur. D’ailleurs, il ne croit pas que la « bidonvilisation » soit une conséquence immuable de la surpopulation mondiale. « Il n’y a pas trop de personnes dans le monde, mais il y a clairement une surconsommation des ressources non renouvelables. Bien sûr, la solution au problème est la ville en elle-même. Les villes qui sont réellement urbaines constituent les systèmes environnementaux les plus efficaces que nous ayons jamais créés pour vivre ensemble et pour travailler en harmonie avec la nature. (…) Ceci étant dit, le problème de l’urbanisation dans le monde, actuellement, c’est justement qu’il ne s’agit pas d’urbanisme dans le sens classique du terme », soutenait M. Davis dans une entrevue accordée en mai 2006 sur le site Web de l’architecte américain Geoff Manaugh (bldgblog.blogspot.com).

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www.cuk.ch

« La question de savoir comment certaines villes deviennent monstrueusement peuplées a moins à voir avec le nombre de personnes qui y vivent qu’avec leur mode de fonctionnement, leur manière de consommer, de réutiliser et de recycler les ressources, leur façon de partager l’espace public, aussi. Je ne dirais donc pas qu’une ville comme Khartoum est une ville impossible. Cela a davantage à voir avec la nature de la consommation privée », ajoutait le chercheur. Prenant l’exemple de la Californie, Davis comparait alors l’empreinte écologique du « Blanc à la retraite » avec celui de l’immigrant latino : « Le vrai problème, c’est le Blanc qui joue au golf sur les centaines de terrains de la Vallée Coachella. Ce Blanc à la retraite peut utiliser 10 fois, 20 fois, 30 fois la quantité de ressources dont peut avoir besoin la jeune chicana qui tente de faire vivre sa famille dans un petit appartement de la ville. »

L’auteure est journaliste indépendante

Les sauts-de-mouton du Québec mal-en-point

octobre 9th, 2007

J’ai récemment écrit un article dans le journal Alternatives ,à propos des infrastructures au Québec et plus généralement au Canada. Bien sûr, je vous recommande d’aller le lire :
L’âge du béton .

À la suite de cet article, j’ai reçu un courriel d’une association jusque là inconnue de moi-même (je m’en excuse) : L’ASSOCIATION POUR LE SOUTIEN ET L’USAGE DE LA LANGUE FRANÇAISE.

On me reproche l’emploi, dans mon texte, des mots STRUCTURE et VIADUC, trop près de l’anglais.

Ainsi, au risque de perdre 99,2% de mes lecteurs, j’aurais dû substituer OUVRAGE D’ART à STRUCTURE, ainsi que SAUT-DE-MOUTON à VIADUC.

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L’association a-t-elle fait la remarque à tous les « grands » médias qui emploient ces termes quotidiennement ?

Enfin, tenez-vous le pour dit : Gare aux trop nombreux troupeaux de moutons qui traversent les ouvrages d’art du Québec, les sauts-de-mouton sont mal-en-point, pas les viaducs, bon.

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Excusez-la !

Sourire

octobre 8th, 2007

Il y a quelque temps en me regardant dans le miroir, je me suis demandé si je n’avais pas désormais des rides sous les yeux quand je souris, vous savez, avec les années. Eh ! bien ! j’ai décidé que non. J’en ai simplement conclu que je me souriais davantage dans le miroir, avec les années.

Un des nombreux avantages de vieillir ☺

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L’automne au Mont Orford

octobre 8th, 2007

Le mois de septembre, mon mois préféré, je n’ai guère eu le temps de le voir passé cette année. C’est que ça bouge bien vite dans cette nouvelle vie montréalaise.

Heureusement, en octobre, je suis sortie de la ville pour aller voir ma saison préférée là où il faut la trouver : dans le bois. Encore mieux, il y avait là non seulement le bois, mais aussi la montagne et même le petit ruisseau, la source.

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Je ne rêvais alors que de sortir de Montréal et de son métro trop chaud et trop rempli sur l’heure de pointe matinale. Le Mont Orford, son lac, ses petits villages des Cantons-de-l’Est; j’y allais, pour la première vraie fois. Je crois avoir un léger souvenir d’être allée au Lac Memphrémagog quand j’étais gamine, mais je n’en suis pas absolument certaine.

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Bref et en tous les cas, difficile de comprendre comment quelqu’un, qui a déjà monté jusqu’au sommet du Mont Orford par les sentiers de l’Estrie, voudrait aller construire des condos là.

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Merci à Jade et Julie !

L’économiste israélien Shir Hever aux Journées Alternatives: Une occupation de neuf milliards de dollars

août 25th, 2007

Ces jours-ci a lieu à Montréal le premier Forum social québécois. C’est dans le cadre cet événement que se déroule cette année la 13ième édition des Journées Alternatives. Plusieurs conférenciers provenant d’un peu partout dans le monde y sont présents, dont cet économiste Israéliens employé du Alternative Information Center à Jérusalem-est.

Article paru dans Alternatives
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rebellyon.info

Amélie TENDLAND – 23 août 2007

Les 24 et 25 août, à Montréal, dans le cadre du premier Forum social québécois, les journées d’étude Alternatives recevront une vingtaine d’invités internationaux en provenance de 16 pays. Alternatives a interrogé l’un d’eux, l’économiste israélien Shir Hever, dont les travaux tentent d’évaluer le coût de l’occupation des territoires palestiniens par Israël.

Neuf milliards de dollars américains. Voilà ce que coûterait annuellement l’occupation israélienne en Palestine, selon l’économiste Shir Hiver. En fait, l’entreprise apparaît si ruineuse, qu’il estime qu’elle finira par contribuer à faire bouger les Israéliens. « Le prix de l’occupation est très élevé, au point de provoquer l’effondrement de plusieurs institutions et de plusieurs structures sociales en Israël, affirme-t-il. Mais je ne crois pas que l’occupation cessera pour des raisons purement économiques. Seule la résistance des Palestiniens permettra de mettre fin au conflit. Mais les raisons économiques feront probablement survenir la fin de l’occupation plus rapidement et plus facilement. »

Du haut de ses 29 ans, Shir Hever explique qu’il en est venu très tôt à l’activisme. « Déjà au secondaire, j’étais un activiste, puis j’ai continué à militer à mon arrivée à l’université. J’ai toutefois rapidement été déçu des cours d’économie. L’économie à elle seule n’explique rien. Je n’étais pas du tout convaincu », raconte-t-il. Confronté à ce qu’il considère comme une importante fermeture d’esprit, l’économiste s’est alors mis à la recherche d’idées et d’informations alternatives. C’est ainsi qu’il a atterri au Alternative Information Center (AIC), à Jérusalem-Est, qui se donne pour objectif de rapprocher Israéliens et Palestiniens.

« L’AIC est en mesure d’aider ces groupes qui contestent les politiques gouvernementales de plusieurs manières : en leur offrant des outils, de l’information, des formations politiques. De plus, le fait de travailler [à l’AIC] me permet d’avoir accès plus aisément à des bases de données, des statistiques, des personnes ressources, notamment en Cisjordanie », explique l’économiste. Il faut dire que les travaux de M. Hever ne se limitent pas à évaluer le coût de l’occupation pour l’économie israélienne. Ils tentent aussi d’évaluer l’impact de l’occupation sur les territoires occupés et sur Jérusalem-Est, où plusieurs commerces ont fermé leurs portes.

Ainsi, le dernier texte du chercheur constitue le premier rapport à présenter une analyse économique des conséquences de la construction du Mur de séparation à Jérusalem-Est. Shir Hever y explique notamment que le Mur de séparation a coûte chaque année environ 194 millions de dollars aux Palestiniens de Jérusalem-Est, soit 1,2 milliard de dollars depuis le début de sa construction, en 2002. Jérusalem-Est constitue le seul endroit où le Mur passe au travers d’une zone urbaine densément peuplée. Selon l’économiste, plus de 200 000 personnes seraient quotidiennement affectées. Le revenu des ménages palestiniens de Jérusalem-Est aurait ainsi chuté de 17,5 % depuis le début des travaux.

« L’occupation coûte cher »

mur_afp2.jpg www.protection-palestine.org

Quant à la l’éventualité de la fin de l’occupation et d’un règlement définitif du conflit, l’économiste refuse d’être pessimiste. « Même si, d’après moi, Israël n’admettra jamais que l’occupation constitue une erreur, la solution n’est certainement pas de ne rien faire », insiste-t-il. Il se félicite de voir de plus en plus d’Israéliens refuser d’aller dans l’armée, évitant ainsi de contribuer au conflit. Selon lui, les choses finiront par changer, probablement sous la pression internationale. Toutefois, il doute que la sensibilisation à la cause palestinienne puisse à elle seule faire réellement changer les mentalités chez les Israéliens. « Quand l’occupation sera finie, les mentalités pourront changer en Israël, mais avant, j’en doute. »

À Montréal, durant les journées Alternatives, Shir Hever ne cache pas qu’il préconisera le boycott d’Israël. Misant sur le pouvoir d’agir des gens qui seront présents, l’économiste assure que « les gens en Israël ont réellement peur du boycott, car il peut vraiment les affecter, eux tout comme l’occupation ». Mais cela ne l’empêche pas de croire aussi énormément aux différents projets de rapprochement que l’AIC mène auprès de groupes de base palestiniens et israéliens. Le centre amène en effet plusieurs groupes d’activistes issus des deux peuples à se rencontrer. « Nous ne voulons pas seulement qu’ils se rencontrent, nous cherchons aussi à les réunir, pour qu’ils aient le même programme, le même but, le même agenda », explique-t-il.

On le devine, la tenue des réunions relève parfois de l’exploit. D’un côté, les Palestiniens ne sont pas autorisés à se rendre à Israël. De l’autre, les Israéliens ne peuvent pas eux non plus se rendre en territoire palestinien sans ruser. À Jérusalem, par exemple, M. Hever raconte que les Israéliens prétendent qu’ils se rendent dans les colonies, pour ensuite prendre le chemin de Bethléem. L’escapade demeure illégale, passible de prison, mais l’économiste affirme qu’elle ne s’avère pas trop dangereuse. Contre toute attente, pour ne pas que le monde croit qu’elle empêche les Israéliens de rentrer en contact avec les Palestiniens, l’armée israélienne ferme parfois les yeux.

Dans le cadre des Journées Alternatives, Shir Hever participera à un atelier intitulé Bases militaires : une arme meurtrière au service des plus forts, le vendredi 24 août 2007, à 11h00, au local R-M130 de l’Université du Québec à Montréal. Le lendemain, le 25 août, on le retrouvera dans l’atelier Le Moyen-Orient au bord du gouffre, à 9h00, au local R-M130 de lUniversité du Québec à Montréal (UQAM).

L’auteure est journaliste indépendante

* à propos du Alternative Information Center:

Amélie TENDLAND – 23 août 2007
Article paru dans Alternatives

L’Alternative Information Center (AIC) est une organisation pacifique et progressiste israélo-palestinienne située à Jérusalem-Est. Le premier mandat d’AIC est la diffusion d’informations sur les sociétés israéliennes et palestiniennes, de même que sur le conflit qui les oppose.

Fondé lors des derniers jours de la guerre du Liban en 1983 par le journaliste israélien Michaël Warschawski, le Centre est né de la nécessité d’offrir une information alternative aux deux peuples. Aujourd’hui, l’AIC gère trois publications majeures, en hébreu, en arabe et en anglais, de même qu’un site Web des plus actifs. Il est également devenu un incontournable pour l’obtention d’informations et de contacts auprès des médias israéliens et étrangers.

Pionnier dans la coopération égalitaire entre Israéliens et Palestiniens, le Centre s’est donné comme mandat d’encourager l’échange, de désenclaver les deux camps. Désormais, plus que diffuseurs d’informations, l’AIC est également à la tête de plusieurs projets, notamment le Summer Camp. Ce dernier est le seul camp d’été de la région à réunir des jeunes palestiniens de Cisjordanie et d’Israël à la fois, filles et garçons âgés entre 14 et 20 ans. . Enfin, l’AIC vient également en aide aux groupes de base d’activistes tant en Israël qu’en Palestine, leur fournissant divers outils visant à consolider leurs revendications sociales et politiques.

L’adresse du site Web de l’AIC : www.alternativenews.org

MARIAM a 3 mois

août 12th, 2007

Pour ceux qui auraient lu les articles précédents, vous connaissez déjà un tant soit peu la princesse Mariam et son histoire des plus rocambolesques. Aux autres, je vous renvoie à la Lettre à Mariam , publiée le 12 mai dernier, date de naissance de cette petite étoile.

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Bahram Aloui: sur la route des étoiles

août 1st, 2007

Vous le savez ou vous l’apprenez à l’instant, j’ai séjourné en Tunisie à titre de journaliste stagiaire en 2005.

Aux cours de ces huit mois, j’y ai fait des rencontres hors du commun, précieuses, inégalables.

Et parmi celles-ci, il y eut celle qui surpassa toutes les autres. Un jeune homme mit sur ma route, un comédien : Bahram Aloui.

Être comédien, de théâtre de surcroît, dans une capitale du tiers-monde où la liberté de parole n’existe tout simplement pas, exige un courage de fer et un espoir quasi naïf.
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Enfin, je viens tout juste de trouver le premier article à son propos sur le Web.

Je me devais le publier ici.
www.tunisia-today.com

TUNISIA-TODAY
Il a eu jusque-là de petites apparitions dans des films tunisiens. Cela a été suffisant pour attirer l’attention de certains metteurs en scènes de théâtre et de cinéma qui commencent à le solliciter pour des rôles plus importants. Bahram Aloui est l’un des comédiens les plus prometteurs de sa génération. Il joue actuellement dans la pièce La Queue de Artis Production, aux côtés de Sabah Bouzouita, qui lui a appris l’abc du jeu théâtral dans son club à la Maison de culture Ibn Khaldoun, Sonia Zargâyouna, Jamel Madani, Noômen Hamda, sous la direction de Slim Sanhaji. Il y incarne le rôle de Abdeljabbar, un mari B.C.B.G. mais qui est dominé par sa femme. Né le 7 juin à Makthar, d’un père professeur d’arabe, Bahram a eu son bac au lycée de cette ville du Nord-Ouest. Au lycée, il fit partie de tous les clubs culturels : théâtre, musique, cinéma… Il débarque à Tunis en 1999 et poursuit des études au Conservatoire national de musique de Tunis tout en préparant un diplôme de russe à l’Institut supérieur de langues vivantes, Bourguiba School. A la faculté aussi, il fonde et anime des clubs de musique et de théâtre. Doté d’une belle voix, il excelle dans l’interprétation de chants populaires de sa région natale comme le «Aârdhaoui» (chant bédouin) avant de découvrir le répertoire de la chanson engagée arabe notamment celui de Cheikh Imam. C’est ainsi qu’il a intégré le groupe Ajrass de Adel Bouâllègue, spécialisé dans ce genre de chants. C’est au sein du club de théâtre de la Maison de culture Ibn Khaldoun qu’il se familiarise avec les techniques de l’interprétation théâtrale sous la direction de la comédienne Sabah Bouzouita, qui lui offre son premier vrai rôle dans la pièce déjà citée. Jeune comédien, il interprète quelques petits rôles, notamment dans le spectacle d’ouverture de la CAN 2004, en janvier dernier, avec ses aînés Hamadi Arafa, Raouf Ben Amor et Sonia Ben Ahmed, le film Jûnûn de Fadhel Jaïbi et dans le court-métrage de Elyès Zrelli, «Sésame, ouvre-toi». Bahram (qui désigne la planète Mars en perse) croit à sa bonne étoile. Son talent multiforme lui vaut aujourd’hui l’attention des metteurs en scène et des réalisateurs. Il est au seuil d’une carrière qui pourrait être riche de succès, mais il est convaincu que seul le travail paie. Aussi, tout en louant ses services à des groupes professionnels, il faut bien vivre, il continue de parfaire sa double formation de chanteur et comédien. Zohra ABID

Bahram, j’admire combien tu crois et tu fonces vers tes rêves.